Collision aviaire

Aviation Safety Wildlife Hazard Airport Operations

Collision aviaire – Glossaire de la sécurité aérienne

Qu’est-ce qu’une collision aviaire ?

Une collision aviaire est un choc entre un aéronef et un ou plusieurs oiseaux lors de toute phase de vol ou de roulage au sol. Selon la définition de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une collision aviaire survient lorsqu’un oiseau percute un aéronef en vol, au décollage ou lors de l’atterrissage. Ce terme couvre tout incident où des oiseaux impactent des parties telles que les moteurs, le fuselage, les pare-brise ou les surfaces de commande. Les collisions aviaires peuvent impliquer des oiseaux isolés ou des groupes, et les conséquences vont de négligeables à catastrophiques, notamment lorsque de grands oiseaux ou de multiples oiseaux sont aspirés dans les moteurs. La définition de l’OACI s’étend même aux cas où des restes d’oiseaux sont trouvés sans que l’équipage ait été témoin de l’événement—garantissant ainsi une déclaration complète pour l’analyse de la sécurité.

Les collisions aviaires sont un danger reconnu et persistant dans l’aviation civile et militaire, notamment à basse altitude ou près des aéroports. Les aéronefs modernes sont conçus pour résister à certains niveaux d’impact aviaire, mais les moteurs ne sont pas certifiés pour survivre à l’ingestion de grands oiseaux (plus de 1,8 kg). Les collisions aviaires constituent la forme prédominante de « collision faunique » (qui inclut aussi les chauves-souris et animaux terrestres), représentant plus de 97 % des incidents fauniques signalés dans le monde. Avec l’augmentation du trafic aérien et de la population aviaire en raison des changements environnementaux, le risque lié aux collisions aviaires continue d’évoluer, nécessitant une vigilance et une atténuation constantes.

Pourquoi les collisions aviaires sont-elles importantes pour la sécurité aérienne ?

Les collisions aviaires comptent parmi les menaces pour la sécurité les plus fréquentes et potentiellement graves dans l’aviation, affectant l’intégrité des aéronefs, leur fiabilité et des vies humaines. Elles peuvent causer des dommages structurels, des pannes moteurs, la pénétration des pare-brise et, dans de rares cas, des accidents catastrophiques. Les données de la FAA et de l’OACI montrent que si la plupart des collisions causent peu ou pas de dégâts, 6 % entraînent des dommages importants et une faible proportion conduit à la perte de l’appareil ou à des décès. Les plus grands risques surviennent lors du décollage et de l’atterrissage, lorsque l’altitude de récupération est minimale.

Financièrement, les collisions aviaires coûtent à l’industrie aéronautique mondiale plus de 1,2 milliard de dollars chaque année—including réparations, retards, interventions d’urgence et pertes de revenus. Les organismes de réglementation tels que l’OACI, la FAA et l’EASA imposent la déclaration, l’évaluation des risques et des programmes de gestion pour réduire ces dangers. Les collisions aviaires influencent également l’utilisation des terrains aéroportuaires, la gestion environnementale et les relations publiques, les aéroports devant concilier sécurité et préservation de la faune locale. Des événements très médiatisés, comme l’amerrissage réussi du vol US Airways 1549 sur l’Hudson à la suite d’une double panne moteur causée par l’ingestion d’oiseaux, illustrent à la fois les risques et l’importance de la mitigation et de la préparation des équipages.

Chiffres clés et statistiques

StatistiqueValeur
Collisions aviaires annuelles signalées aux États-Unis14 000+
Coût annuel mondial estimé1,2 milliard $+
Décès depuis 1988250+ dans le monde
Proportion sur les aéroports~90 %
Altitude la plus couranteSous 3 000 pieds AGL
  • Les collisions aviaires sont les plus fréquentes sur ou près des aéroports, typiquement sous 3 000 pieds au-dessus du sol (AGL).
  • Les oiseaux aquatiques, goélands et rapaces sont les espèces les plus dangereuses impliquées.
  • Les accidents mortels sont rares, mais plus de 250 personnes sont décédées dans le monde lors d’incidents fauniques depuis 1988.
  • Les chiffres réels sont probablement sous-estimés, surtout pour les événements mineurs.

Comment surviennent les collisions aviaires : causes et facteurs de risque

Les collisions aviaires résultent de l’intersection des trajectoires de vol des aéronefs avec l’activité des oiseaux—souvent influencée par :

  • Situation de l’aéroport : La proximité de zones humides, rivières, lacs, champs agricoles ou décharges augmente le risque.
  • Schémas migratoires : Les migrations de printemps et d’automne amènent de grands groupes dans des espaces aériens fréquentés, augmentant le risque.
  • Activité quotidienne : La plupart des collisions se produisent de jour, lorsque les oiseaux sont actifs, mais un nombre significatif a lieu à l’aube, au crépuscule ou la nuit.
  • Facteurs opérationnels : Le décollage et l’atterrissage sont les phases les plus vulnérables, du fait de l’altitude basse et de la forte activité aviaire ; les déroutements d’urgence ou événements météorologiques peuvent accroître l’exposition.
  • Comportement grégaire : Les groupes (comme les oies ou étourneaux) présentent un risque plus élevé d’impacts multiples et simultanés.

L’OACI recommande des évaluations régulières des risques fauniques sur les aéroports, utilisant des recensements d’oiseaux et la surveillance pour guider la gestion de l’habitat et les stratégies de mitigation.

Espèces d’oiseaux fréquemment impliquées dans les collisions

Le risque varie selon la région, mais certaines espèces sont souvent responsables :

  • Oiseaux aquatiques (oies, canards, cygnes) : Surtout les bernaches du Canada, grands oiseaux grégaires pouvant submerger les défenses des moteurs.
  • Goélands : Charognards adaptables, fréquemment présents dans les zones côtières ou urbaines proches des aéroports.
  • Rapaces (buses, aigles, faucons) : Bien que souvent solitaires, leur taille et leur puissance peuvent causer de sérieux dommages.
  • Pigeons, colombes, étourneaux, merles : Particulièrement en milieu urbain ou agricole.
  • Variations régionales : En Europe, vanneaux et corvidés sont courants ; en Australie, ibis et cacatoès sont fréquemment signalés.

La gestion de la faune aéroportuaire doit adapter les moyens de contrôle aux espèces locales et aux schémas migratoires, en utilisant l’identification des plumes et les données de collision pour ajuster les stratégies.

Conséquences des collisions aviaires

Les collisions aviaires peuvent entraîner :

  • Panne moteur : Particulièrement dangereux si de grands oiseaux ou des groupes sont ingérés.
  • Pénétration du pare-brise : Les impacts à grande vitesse peuvent briser les pare-brise, menaçant la sécurité de l’équipage.
  • Dommages structurels : Aux ailes, au nez ou aux commandes de vol, pouvant compromettre la sécurité de fonctionnement.
  • Dommages capteurs et avionique : Affectant la navigation ou les systèmes de contrôle de vol.
  • Perturbations opérationnelles : L’aéronef peut être immobilisé pour inspection, entraînant retards, annulations ou atterrissages d’urgence.
  • Coûts économiques : Réparations directes, pertes de revenus, compensations et conformité réglementaire.
  • Impact psychologique : Sur les équipages de vol et au sol, nécessitant formation et accompagnement.

Prévention et stratégies de mitigation

La réduction des risques de collision aviaire nécessite de nombreuses mesures coordonnées :

  • Gestion de l’habitat : Maintenir l’herbe à une hauteur optimale, éliminer les eaux stagnantes, restreindre les décharges et les attraits agricoles à proximité, concevoir l’aménagement paysager pour dissuader les oiseaux.
  • Moyens actifs de dissuasion : Utiliser des faucons, des chiens, des dispositifs pyrotechniques, des canons sonores, des dispositifs visuels et des répulsifs chimiques.
  • Technologies avancées : Le radar aviaire suit les déplacements des oiseaux, fournissant des données en temps réel aux pilotes et contrôleurs.
  • Ajustements opérationnels : Programmer les vols en dehors des pics d’activité aviaire, émettre des NOTAMs et former les pilotes aux scénarios d’urgence.
  • Certification des aéronefs : Les moteurs, pare-brise et structures sont testés pour la résistance aux impacts aviaires, mais la certification a ses limites.
  • Déclaration et analyse : Le signalement obligatoire à l’OACI et aux bases nationales alimente une gestion basée sur les données.

Une prévention efficace s’appuie sur une surveillance continue, la coopération inter-agences et une gestion adaptable face à l’évolution des populations aviaires et des environnements aéroportuaires.

Cadre réglementaire et normes de l’industrie

La prévention des collisions aviaires repose sur une réglementation internationale et nationale :

  • OACI Annexe 14 : Exige des aéroports la mise en place de Programmes de gestion des risques fauniques (WHMP), des évaluations régulières et la déclaration des collisions.
  • FAA Part 139 : Rend obligatoire les évaluations de la faune et les WHMP pour les aéroports certifiés américains.
  • Certification moteurs et aéronefs : L’OACI, la FAA et l’EASA imposent des tests d’ingestion/impact aviaire pour les composants critiques.
  • Bonnes pratiques : Les manuels et circulaires d’information de l’industrie complètent la réglementation par des directives techniques détaillées.

Les mises à jour régulières des normes reflètent les nouvelles recherches, avancées technologiques et retours d’expérience sur les incidents.

Cas d’usage et exemples

  • Conception aéroportuaire : Intègre des barrières à la faune, une végétation contrôlée et des zones d’exclusion pour réduire l’attrait des oiseaux.
  • Radar aviaire en temps réel : Utilisé sur de grands aéroports pour surveiller le risque et informer les opérations de vol.
  • Équipes de gestion de la faune : Font appel à des biologistes, fauconniers et chiens spécialisés (ex : border collies) pour le contrôle actif des oiseaux.
  • Formation des pilotes basée sur des scénarios : Garantit la préparation des équipages aux urgences collision aviaire.
  • Partenariats communautaires : Les agences locales et aéroports collaborent sur l’aménagement du territoire et la gestion de l’habitat.

Des aéroports de référence comme Schiphol (Pays-Bas), Dallas/Fort Worth (États-Unis) et Singapour Changi illustrent des stratégies intégrées et multidisciplinaires de réduction du risque aviaire.

Pour aller plus loin

  • Système d’information sur les collisions fauniques de l’OACI (IBIS)
  • Base de données FAA sur les collisions fauniques
  • Lignes directrices EASA sur la gestion des risques fauniques sur les aérodromes

Les collisions aviaires restent un défi en constante évolution, à mesure que changent tant le trafic aérien que les populations d’oiseaux. Une gestion efficace exige des solutions adaptatives, fondées sur la science, la coopération de l’industrie et une vigilance permanente.

Airplane taking off near a flock of birds

Questions Fréquemment Posées

Que se passe-t-il lorsqu’un oiseau percute un avion ?

Une collision aviaire peut aller de simples bosses ou traces de sang à l’éclatement des pare-brise, la détérioration des capteurs ou—plus gravement—l’ingestion dans les réacteurs, ce qui peut entraîner une panne moteur ou un atterrissage forcé. La gravité dépend de la taille de l’oiseau, du nombre d’oiseaux, du point d’impact et de la phase de vol. Les pilotes sont formés à la gestion de telles urgences, et l’aéronef est inspecté après tout impact suspecté ou confirmé.

À quelle fréquence les collisions aviaires se produisent-elles ?

Les collisions aviaires sont fréquentes, avec plus de 14 000 incidents signalés chaque année rien qu’aux États-Unis. À l’échelle mondiale, le nombre est bien plus élevé, mais la sous-déclaration—surtout des incidents mineurs—signifie que les chiffres réels pourraient être nettement supérieurs. Plus de 90 % des collisions ont lieu sur ou près des aéroports, notamment lors des phases de décollage et d’atterrissage.

Les collisions aviaires sont-elles dangereuses ?

La plupart des collisions aviaires causent peu ou pas de dégâts, car les aéronefs modernes sont conçus pour résister à des impacts mineurs. Cependant, les collisions avec de grands oiseaux ou des groupes, ou les impacts sur des zones critiques comme les moteurs ou les pare-brise, peuvent entraîner des dégâts importants, la perte de systèmes ou, rarement, des accidents mortels. Le risque maximal survient au décollage et à l’atterrissage, lorsque le temps de récupération est limité.

Quelles sont les principales stratégies de prévention des collisions aviaires ?

Les aéroports pratiquent la gestion de l’habitat (contrôle de la hauteur de l’herbe, élimination des eaux stagnantes, limitation des décharges à proximité), des moyens actifs de dissuasion (fauconnerie, chiens, dispositifs pyrotechniques, canons sonores), et des technologies avancées telles que le radar aviaire pour surveiller l’activité des oiseaux. Les cadres réglementaires exigent des évaluations régulières de la faune et un signalement robuste, tandis que les aéronefs sont conçus pour résister à certains niveaux d’impact aviaire.

Quelles espèces d’oiseaux sont le plus souvent impliquées ?

En Amérique du Nord, les oiseaux aquatiques (oies, canards, cygnes) sont les plus dangereux, en particulier les bernaches du Canada. Les goélands, rapaces (buses, aigles), pigeons et étourneaux représentent également un nombre important de collisions. Le risque varie selon la région et la saison, souvent influencé par la migration et les habitats locaux.

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