Séparation
La séparation en aviation fait référence à la distance minimale requise à maintenir entre les aéronefs ou entre les aéronefs et les obstacles, afin de prévenir ...
La déconflitualisation garantit la séparation des aéronefs dans la gestion du trafic aérien grâce à la planification, l’intervention en temps réel et les systèmes d’urgence, évitant conflits et collisions.
La déconflitualisation en gestion du trafic aérien désigne le processus systématique visant à garantir que tous les aéronefs—habités ou non—maintiennent une séparation spatiale ou temporelle prescrite afin de prévenir le non-respect des minima de sécurité et d’éviter les conflits pouvant entraîner une perte de séparation ou des collisions. Ce principe opérationnel est fondamental dans la gestion conventionnelle du trafic aérien (ATM) et dans les environnements de gestion du trafic des systèmes d’aéronefs sans pilote (UTM) en pleine évolution.
Un conflit en ATM correspond à toute perte prédite ou anticipée de séparation entre deux aéronefs ou plus, basée sur les trajectoires projetées dans un horizon de conflit spécifié. Les minima de séparation sont des distances réglementaires (par exemple, 5 milles nautiques latéralement et 1 000 pieds verticalement pour les opérations en route) imposées par des autorités telles que l’OACI et les organismes nationaux de l’aviation.
Le Doc 9854 de l’OACI présente la gestion des conflits comme un processus à trois niveaux :
Ces couches assurent collectivement la sécurité et l’efficacité opérationnelles. Les recherches UTM de la FAA et de la NASA étendent ces principes aux opérations des aéronefs non habités, imposant la déconflitualisation dès la planification (stratégique) et en vol (tactique). L’application réglementaire s’effectue via des politiques formelles, des procédures opérateur et des exigences d’interopérabilité, faisant de la déconflitualisation une protection systémique obligatoire contre les incidents en vol.
La déconflitualisation stratégique s’effectue avant le vol. Son objectif principal est d’assurer que les trajectoires de vol prévues ou les volumes opérationnels ne se chevauchent pas. Les opérateurs soumettent leurs intentions de vol à un système centralisé ou fédéré (tel qu’un fournisseur de services UAS dans l’UTM), qui vérifie les routes demandées par rapport aux plans existants. Si des chevauchements spatio-temporels sont détectés, le système propose des modifications—telles qu’un changement d’horaire ou d’itinéraire—jusqu’à obtention d’un plan d’espace aérien sans conflit.
La déconflitualisation tactique est un processus en temps réel activé pendant le vol. Les contrôleurs ou systèmes automatisés surveillent les positions des aéronefs à l’aide de technologies de surveillance (radar, ADS-B, identification à distance UAS) et prédisent les trajectoires futures. Si un conflit est prévu dans un « horizon de conflit » défini, des actions correctives—changements de cap, de vitesse ou d’altitude—sont prescrites pour maintenir la séparation. Ces systèmes doivent réagir rapidement selon la densité et la complexité du trafic aérien.
Si les mesures stratégiques et tactiques échouent, l’évitement des collisions est géré par des systèmes autonomes embarqués comme le TCAS pour les aéronefs habités ou le Detect-and-Avoid (DAA) pour les UAS. Ces systèmes utilisent des données de capteurs en temps réel pour détecter et exécuter de façon autonome des manœuvres d’évitement, indépendamment du contrôle au sol.
La déconflitualisation stratégique résout les conflits potentiels avant le vol, en s’assurant que la planification et l’approbation des intentions opérationnelles (plans ou volumes de vol) ne se chevauchent pas. Les opérateurs soumettent les vols prévus à un système centralisé ou fédéré—comme un USS en UTM—qui vérifie les routes proposées vis-à-vis des intentions acceptées. Les chevauchements entraînent le rejet ou des suggestions de modification, réduisant drastiquement les conflits en vol, notamment dans les espaces denses ou complexes.
Une approche clé consiste à discrétiser l’espace aérien en une grille (souvent hexagonale), en modélisant les volumes opérationnels en quatre dimensions (latitude, longitude, altitude et temps). Une programmation entière attribue ces unités efficacement, avec des zones tampons pour prendre en compte les incertitudes opérationnelles comme les variations de temps ou de vitesse. Ceci permet une détection et une résolution des conflits évolutives et rapides pour les opérations UAS denses.
Exemple : Dans un scénario de livraison BVLOS par UAS, un plan de vol proposé est vérifié par l’USS pour les chevauchements. En cas de conflit, le système demande des modifications jusqu’à l’obtention d’une trajectoire sans conflit.
La déconflitualisation tactique agit en temps réel, détectant et résolvant les conflits sur la base de la surveillance en direct et de la prédiction de trajectoire. Les contrôleurs aériens ou systèmes numériques surveillent les positions actuelles et prédites des aéronefs à l’aide du radar, de l’ADS-B ou de l’identification à distance UAS. Des modèles mathématiques prévoient si des aéronefs vont franchir les minima de séparation dans un « horizon de conflit ».
Lorsqu’un conflit potentiel est détecté, le système génère un avis de résolution, suggérant ou exécutant des changements de cap, de vitesse ou d’altitude. Ces avis sont communiqués aux pilotes ou opérateurs ou, en UTM automatisée, peuvent être envoyés directement au système de contrôle de l’aéronef. Une surveillance continue de la conformité garantit que les aéronefs respectent les couloirs et paramètres opérationnels assignés, avec alertes et nouvelles manœuvres en cas d’écart.
Les contrôleurs appliquent souvent des marges de sécurité supplémentaires au-delà des minima réglementaires, tenant compte des incertitudes opérationnelles telles que le vent ou les délais de communication. Pour l’UTM, les services de déconflitualisation tactique (ex : Altitude Angel, Skypuzzler) fournissent des alertes en direct et des itinéraires alternatifs lorsque les limites UAS se croisent, grâce à la communication logicielle en temps réel.
Exemple réel :
Les données ADS-B du CRNA de Bordeaux montrent que des écarts latéraux (ex : changements de cap de 10 degrés) prescrits en réponse à des conflits prédits augmentent systématiquement la séparation minimale d’une valeur inférieure à la limite (ex : 3 NM) à une marge sûre (ex : 8 NM), démontrant l’efficacité de la déconflitualisation tactique.
L’évitement des collisions constitue la protection ultime. Lorsque les mesures stratégiques et tactiques échouent à prévenir une perte imminente de séparation, l’évitement des collisions est exécuté par des systèmes autonomes embarqués tels que le TCAS (pour les aéronefs habités) ou le DAA (pour les UAS).
L’évitement des collisions ne fait pas partie de la fourniture standard de la séparation : il s’agit d’une intervention d’urgence qui prévaut sur le contrôle normal.
Les algorithmes de déconflitualisation sont à la base de la gestion stratégique et tactique des conflits. Ils modélisent, prédisent et résolvent les conflits potentiels, en conciliant contraintes opérationnelles (performances, minima réglementaires) et objectifs d’optimisation (déviation minimale, efficacité énergétique).
Exemple d’algorithme : Pour des aéronefs convergents, le système projette les positions futures selon la vitesse et le cap. Si une violation prédite a lieu, un programme mixte entier calcule l’ajustement de vitesse minimal nécessaire pour l’un ou les deux aéronefs, garantissant la faisabilité opérationnelle et l’optimalité.
Les facteurs humains sont essentiels dans la déconflitualisation. Les contrôleurs aériens appliquent leur jugement et des marges de sécurité supplémentaires au-delà des minima publiés, tenant compte du vent, des temps de réaction des pilotes et des délais de communication. L’analyse des données ADS-B montre que les écarts latéraux (petits changements de cap) constituent la manœuvre de déconflitualisation la plus fréquente et efficace, surtout en route.
Des catalogues d’actions de déconflitualisation fondés sur les données aident à concevoir des outils automatisés imitant les pratiques des contrôleurs. Les études montrent qu’en espace aérien dense, les manœuvres latérales sont préférées aux variations d’altitude ou de vitesse, car elles perturbent moins et sont plus prévisibles.
Cas d’usage : Dans un secteur chargé, deux aéronefs sur des trajectoires convergentes sont prévus franchir la séparation dans cinq minutes. Le contrôleur, tenant compte de l’incertitude liée au vent, ordonne à l’un de dévier latéralement de 15 degrés, augmentant la séparation prédite à une marge sûre avec un minimum de perturbation.
La déconflitualisation efficace repose sur des normes réglementaires et techniques robustes :
Les fournisseurs de services UAS (USS) sont l’épine dorsale de l’UTM, gérant les intentions opérationnelles, la déconflitualisation et l’échange de données avec l’ATC et les autres USS. Les technologies comme l’ADS-B, l’identification à distance et la communication logicielle sécurisée soutiennent les déconflitualisations stratégique et tactique.
Les normes de surveillance de la conformité (ex : tests terrain FAA/NASA UTM, ASTM F3548-21) assurent la détection des écarts par rapport aux plans approuvés et des réponses rapides aux situations anormales, garantissant l’intégration sûre et évolutive des opérations habitées et non habitées.
L’analyse historique au CRNA de Bordeaux montre que la déconflitualisation tactique par écarts latéraux est très efficace. Les contrôleurs prescrivent fréquemment de petits changements de cap (10–20 degrés) pour éviter les conflits prédits. Avant intervention, la séparation prévue était souvent inférieure au minimum réglementaire (<5 NM), mais après manœuvre, elle dépassait régulièrement 8 NM.
En espace aérien urbain dense, un opérateur UAS soumet un itinéraire de livraison à plusieurs étapes. L’USS tesselle l’espace aérien en cellules hexagonales, vérifiant chaque cellule 4D demandée pour les conflits. Les chevauchements entraînent des ajustements de timing ou d’itinéraire, la programmation entière assurant une trajectoire sans conflit et permettant des opérations à haute densité.
Avec plusieurs aéronefs convergeant vers un même point, l’espace aérien est partitionné en grappes de paires potentiellement en conflit. Un algorithme mathématique hybride applique la programmation non linéaire mixte entière à chaque groupe, calculant les ajustements de vitesse optimaux pour résoudre tous les conflits prévus, puis fusionne les solutions pour une déconflitualisation globale avec une perte d’efficacité minimale.
| Terme / Modèle | Définition / Rôle | Exemple de référence |
|---|---|---|
| Déconflitualisation | Garantir que les aéronefs ne violent pas les minima de séparation, via planification et intervention | OACI Doc 9854 |
| Déconflitualisation stratégique | Disposition préalable et négociation des volumes et trajectoires opérationnelles | FAA UTM ConOps v2.0 |
| Déconflitualisation tactique | Détection et résolution en temps réel des conflits imminents par ajustement de trajectoire | Analyse de données ADS-B |
| Évitement des collisions | Systèmes embarqués autonomes pour manœuvres d’urgence | UAS DAA, TCAS |
| Minima de séparation | Distances minimales réglementaires (spatiales/temporelles) entre aéronefs | OACI, FAA |
| Horizon de conflit | Intervalle de temps futur pour la prédiction et la résolution des conflits | Skypuzzler/FAA, UTM ConOps |
| Fournisseur de services UAS (USS) | Entité gérant les intentions, la déconflitualisation et l’échange de données en UTM | NASA UTM ConOps, normes USS |
| Programmation mixte entière | Méthode d’optimisation pour résoudre les conflits avec une déviation minimale de trajectoire | Cafieri & Durand (2012) |
| Planification par tessellation | Discrétisation de l’espace aérien pour la recherche de trajectoire et la détection de conflits efficaces | Liu et al. (2023) |
| Surveillance de la conformité | Vérification continue du respect des limites de séparation et opérationnelles assignées | FAA UTM ConOps, ASTM F3548-21 |
La déconflitualisation garantit la séparation des aéronefs en gestion du trafic aérien à travers la planification stratégique, l’intervention en temps réel et les systèmes d’urgence, évitant conflits et collisions.
La déconflitualisation stratégique est obtenue via la planification pré-vol et la gestion des intentions au moyen de systèmes comme l’USS et la planification algorithmique des trajectoires.
La déconflitualisation tactique implique la surveillance en temps réel, la détection des conflits et des actions correctives immédiates grâce à la surveillance et la prédiction de trajectoire.
L’évitement des collisions repose sur des systèmes embarqués autonomes (TCAS, DAA) pour les manœuvres de dernier recours.
Normes industrielles et interopérabilité assurent la coordination entre tous les usagers de l’espace aérien, soutenues par l’OACI, la FAA, la NASA et les cadres industriels.
Pour plus d’informations ou pour discuter de la mise en œuvre de la déconflitualisation avancée dans vos opérations, contactez-nous ou planifiez une démo .
La déconflitualisation est l’ensemble des processus et systèmes utilisés dans la gestion du trafic aérien pour garantir que les aéronefs, habités comme non habités, maintiennent une séparation spatiale ou temporelle définie afin d’éviter conflits et potentielles collisions. Cela englobe la planification avant le vol, la surveillance et l’intervention en temps réel durant le vol, ainsi que les systèmes embarqués d’évitement des collisions en dernier recours.
La déconflitualisation stratégique intervient avant le vol, s’assurant que les plans de vol ou volumes opérationnels ne se chevauchent pas en vérifiant les itinéraires prévus avec les autorisations existantes. La déconflitualisation tactique a lieu en temps réel pendant le vol, utilisant la surveillance et la prédiction de trajectoire pour détecter et résoudre les conflits imminents, généralement via des ajustements de vitesse, cap ou altitude.
Des technologies telles que le radar, l’ADS-B (Automatic Dependent Surveillance-Broadcast), l’identification à distance des UAS et les systèmes de communication en temps réel sont utilisées pour surveiller les positions des aéronefs, prédire les trajectoires futures et soutenir les avis de déconflitualisation automatiques ou émis par les humains.
Les systèmes d’évitement des collisions, tels que le TCAS pour les aéronefs habités ou le Detect-and-Avoid (DAA) pour les systèmes non habités, sont des mesures de sécurité autonomes embarquées. Ils interviennent en dernier recours lorsque les déconflitualisations stratégique et tactique échouent, en émettant ou exécutant immédiatement des manœuvres pour éviter une collision imminente.
Pour les UAS, la déconflitualisation est gérée par des systèmes de gestion du trafic UAS (UTM), notamment par les fournisseurs de services UAS (USS). Les plateformes USS traitent la soumission des intentions opérationnelles, la planification stratégique, la détection des conflits en temps réel et l’échange de données, en appliquant des algorithmes avancés et une tessellation de l’espace aérien pour garantir des opérations non habitées sûres et évolutives.
La réglementation et les normes sont fournies par l’OACI (par exemple, Doc 9854), la FAA (par exemple, UTM ConOps), la NASA et des organismes industriels comme ASTM. Celles-ci définissent les minima de séparation, les exigences d’interopérabilité, la surveillance de la conformité et les protocoles de coordination entre prestataires et opérateurs.
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