Brouillard

Meteorology Aviation Visibility Weather phenomena

Brouillard : Phénomène atmosphérique réduisant la visibilité

Le brouillard est un nuage de surface constitué de minuscules gouttelettes d’eau ou de cristaux de glace en suspension près de la surface de la Terre, entraînant une réduction marquée de la visibilité horizontale — selon la norme internationale, à moins de 1 kilomètre. Le brouillard est strictement défini en météorologie et en aviation afin de le distinguer de phénomènes similaires tels que la brume ou le brouillard sec (qui ont des impacts moins sévères ou des causes différentes). La présence de brouillard constitue un risque opérationnel critique, en particulier pour l’aviation, les transports terrestres et la navigation maritime.

Caractéristiques principales et formation physique

Le brouillard se forme lorsque l’air proche du sol devient saturé, généralement par refroidissement jusqu’au point de rosée ou par ajout d’humidité. La vapeur d’eau se condense sur des aérosols microscopiques (noyaux de condensation), créant des gouttelettes généralement comprises entre 1 et 10 micromètres de diamètre. Ces gouttelettes diffusent la lumière, provoquant la réduction observée de la visibilité.

Facteurs clés de formation du brouillard :

  • Humidité relative élevée (proche de 100 %)
  • Refroidissement de l’air jusqu’au point de rosée (souvent par refroidissement radiatif, advection ou mélange)
  • Présence de noyaux de condensation (aérosols, poussières, sel marin)
  • Vent faible (moins de 5 m/s), stratification stable et topographie favorable (vallées, basses terres)

La persistance et la dissipation du brouillard sont influencées par le réchauffement solaire, le brassage du vent et les variations d’humidité.

Types de brouillard : classification et mécanismes

Type de brouillardMécanisme de formationLieux typiquesImpact sur la visibilitéExemples
Brouillard de rayonnementRefroidissement radiatif nocturne, vents calmesVallées, basses terresSévèreMidwest américain, hautes terres d’Oman
Brouillard d’advectionAir chaud et humide sur une surface froideCôtes, mers froidesSévère, étenduBaie de San Francisco, mer du Nord
Brouillard de penteAir humide forcé en pente, refroidissement adiabatiqueVersants exposés au ventModéré à sévèreRocheuses, Jebel Akhdar (Oman)
Brouillard givrantGouttelettes en surfusion à températures négativesRégions froides, hiverSévère + givrageAlaska, Scandinavie
Brouillard d’évaporationAjout d’humidité à de l’air froid (vapeur, front)Sur l’eau, après pluieLocaliséFumée de mer, lacs d’automne
Brouillard de grêleRefroidissement rapide après accumulation de grêleLocalisé, après orageLocalisé, peu épaisMidwest américain
Brouillard de glaceSublimation en cristaux de glace dans un froid extrêmeRégions arctiques/intérieuresSévèreFairbanks, Alaska

Remarque : Chaque type de brouillard présente des enjeux opérationnels et de prévision spécifiques, notamment pour l’aviation et les transports terrestres.

Brouillard et aviation : normes, codes et impact opérationnel

Définition OACI/OMM et signalement

  • Brouillard : visibilité <1 km due à des gouttelettes d’eau ou des cristaux de glace près du sol.
  • Codes de signalement : FG (brouillard), FZFG (brouillard givrant) dans les METAR/TAF ; BR (brume, 1–5 km) ; HZ (brouillard sec, particules sèches).
  • Exemple de METAR : EGLL 250650Z 09004KT 0400 FG VV/// 01/01 Q1023 (FG = brouillard ; visibilité 400 m)

Impact sur les opérations aéronautiques

  • Opérations sur piste : La réduction de la portée visuelle de piste (RVR) peut limiter voire interrompre décollages et atterrissages.
  • Systèmes d’atterrissage aux instruments (ILS) : Permettent des opérations en faible visibilité (CAT I/II/III), mais un brouillard dense peut dépasser même les seuils les plus bas.
  • Circulation au sol : Le taxi devient dangereux ; nécessite un éclairage renforcé, une signalisation et des procédures strictes.
  • Retards et déroutements : Le brouillard est l’une des principales causes de retards et de déroutements liés à la météo dans les aéroports du monde entier.

Protocoles d’atténuation

  • Utilisation d’ILS avancés, radar de surface, éclairage automatisé.
  • Respect strict des procédures de faible visibilité (LVP).
  • Mises à jour en temps réel METAR/TAF, rapports spéciaux (SPECI, SIGMET).
  • Certification équipages et aéronefs pour opérations en faible visibilité.

Mesure et signalement

  • Capteurs de visibilité (transmissomètres, néphélomètres) et observations humaines signalent la visibilité et la présence de brouillard.
  • RVR (Portée Visuelle de Piste) est la métrique clé pour la prise de décision aéronautique, souvent inférieure à la visibilité générale.
  • Fréquence d’observation : Au moins toutes les 30 minutes dans les aérodromes, plus souvent si nécessaire.

Seuils de visibilité :

  • Brouillard (FG) : <1 km
  • Brouillard dense : <200 m
  • Brume (BR) : 1–5 km

Implications plus larges : sécurité, climatologie, opérations

Sécurité et transports

  • Aviation : Le brouillard est l’un des principaux dangers météorologiques, affectant tous les stades du vol et les opérations au sol.
  • Route/rail : Cause majeure d’accidents en chaîne ; déclenche limitations de vitesse, alertes et fermetures.
  • Maritime : Entrave la navigation à vue — recours accru au radar et aux aides électroniques.

Facteurs climatologiques et régionaux

  • Oman : Brouillards d’advection et de pente fréquents dans les régions côtières et de montagne, surtout pendant la mousson.
  • États-Unis, Europe : Brouillard de rayonnement fréquent dans les vallées et basses terres, en particulier en automne/hiver.
  • Régions polaires : Brouillard de glace et givrant prédominent, notamment en Alaska et Scandinavie.

Technologie et prévision

  • Télédétection : Satellites, LIDAR, ceilomètres pour la détection du brouillard.
  • Prévision : Apprentissage automatique et fusion de données pour prédire apparition, durée et dissipation du brouillard.

Tableau récapitulatif : codes OACI pour le brouillard

CodePhénomèneDéfinition/Remarques
FGBrouillardVisibilité < 1 km due à des gouttelettes d’eau
FZFGBrouillard givrantBrouillard avec gouttelettes en surfusion, gelant au contact
BRBrumeVisibilité 1–5 km, moins dense que le brouillard
HZBrouillard secParticules sèches, non liées à la condensation

Cas d’utilisation et applications

  • Aéroports : Systèmes avancés d’atterrissage et de roulage, surveillance en temps réel du brouillard, protocoles opérationnels.
  • Routes/voies ferrées : Alertes et détection automatiques du brouillard, limitations de vitesse adaptatives, alertes publiques.
  • Maritime : Fermetures de ports, pilotage en visibilité réduite, navigation radar.
  • Industrie : Protocoles de dégagement du brouillard dans les mines/chantiers, systèmes d’éclairage et capteurs de sécurité.
  • Urbanisme : Conception d’infrastructures et planification d’urgence pour les zones à risque de brouillard.

Normes scientifiques et contexte international

  • Normes harmonisées OACI/OMM : Définitions précises, seuils de visibilité et protocoles de signalement sont appliqués mondialement pour la sécurité.
  • Distinctions : Brouillard vs brume (BR), brouillard sec (HZ), bruine (DZ) — chacun avec des significations météorologiques et opérationnelles spécifiques.

Conclusion

Le brouillard est un phénomène météorologique complexe aux implications majeures pour la sécurité et les opérations. Sa définition stricte, sa classification et ses normes internationales de signalement sont essentielles pour atténuer les risques en aviation, transport et infrastructures. Les progrès continus en détection, prévision et gestion opérationnelle permettent d’affronter le brouillard, si difficile soit-il, afin de réduire les dangers et de maintenir la sécurité dans les secteurs critiques.

Questions Fréquemment Posées

Comment le brouillard est-il défini en météorologie et en aviation ?

Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), le brouillard est défini comme une suspension de gouttelettes d'eau ou de cristaux de glace dans l'air près de la surface, réduisant la visibilité horizontale à moins de 1 kilomètre. Cette définition stricte distingue le brouillard de la brume (visibilité de 1 à 5 km) et du brouillard sec (réduction de visibilité par des particules sèches).

Quels sont les principaux types de brouillard et comment se forment-ils ?

Les principaux types de brouillard incluent le brouillard de rayonnement (refroidissement nocturne), le brouillard d'advection (air chaud et humide sur une surface froide), le brouillard de pente (air humide s'élevant sur un relief), le brouillard givrant (gouttelettes en surfusion à des températures négatives), le brouillard d'évaporation/mélange (ajout d'humidité à de l'air plus froid), le brouillard de grêle (refroidissement rapide après une averse de grêle) et le brouillard de glace (cristaux de glace dans un air extrêmement froid). Chaque type se caractérise par des mécanismes météorologiques distincts.

Pourquoi le brouillard est-il une préoccupation majeure en aviation ?

Le brouillard est l'une des principales causes de retards, déroutements et annulations liés à la météo dans l'aviation. Il réduit la visibilité des pistes et des voies de circulation, nécessitant l'utilisation de systèmes d'atterrissage avancés, de procédures de faible visibilité et le respect strict des normes OACI. La mesure et la transmission précises du brouillard (avec des codes tels que FG et FZFG dans les METAR/TAF) sont essentielles pour la sécurité des opérations aéroportuaires et des vols.

Comment le brouillard est-il mesuré et signalé dans les aéroports ?

Le brouillard est mesuré à l'aide de capteurs de visibilité tels que les transmissomètres et les néphélomètres à diffusion avant. Dans les aéroports, la visibilité (en mètres ou en miles statutaires) et la portée visuelle de piste (RVR) sont signalées dans les METAR et TAF à l'aide de codes normalisés : FG pour brouillard, FZFG pour brouillard givrant, avec le seuil de brouillard fixé à une visibilité inférieure à 1 km. Les observations sont réalisées au moins toutes les 30 minutes ou plus fréquemment en cas de changement des conditions.

Quels protocoles opérationnels permettent d'atténuer les dangers liés au brouillard ?

Les protocoles opérationnels incluent l'utilisation de systèmes d'atterrissage aux instruments (ILS) avec différentes catégories (CAT I, II, III), l'amélioration de l'éclairage des pistes et des voies de circulation, le radar de surface, et des procédures strictes de contrôle du trafic aérien. Des rapports météorologiques spéciaux (SPECI, SIGMET) sont émis en cas de brouillard présent ou prévu afin que les équipages et le personnel au sol prennent des mesures de sécurité appropriées.

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