Glossaire : Précision et exactitude de la détermination de la position en topographie
L’exactitude et la précision de la position sont à la base de toute gestion fiable des relevés, de la cartographie et des données géospatiales. Ce glossaire complet fournit des définitions techniques détaillées, des explications et un contexte pratique pour les concepts, normes et procédures fondamentaux qui régissent l’exactitude en topographie moderne. Chaque entrée répond non seulement à « quoi » signifie un terme, mais aussi à « comment » il est mesuré, appliqué et réglementé, en s’appuyant sur les normes mondiales telles que l’ICAO, la FGDC, le NGS et les manuels de topographie reconnus.
Exactitude
Définition et principes :
L’exactitude en topographie est le degré de conformité entre une position mesurée ou calculée et sa valeur de référence réelle ou acceptée, généralement définie par un datum géodésique tel que WGS84 ou NAD83. Elle quantifie la proximité des coordonnées rapportées à leur position physique sur la Terre et est strictement définie dans des normes comme l’ISO 19157 et l’Annexe 15 de l’OACI. Par exemple, l’OACI définit l’exactitude de position comme la proximité d’accord entre les valeurs mesurées et réelles, avec des niveaux requis (ex. 1 m ou 5 m) pour les éléments aéronautiques.
Application :
Obligatoire pour les bornages légaux, la conception d’ouvrages, la cartographie cadastrale, la navigation aérienne (ex. RNAV, RNP) et tout jeu de données spatiales nécessitant un géoréférencement fiable.
Expression :
Rapportée comme une distance linéaire (ex. 2 cm, 1 pied) ou comme le rayon d’un cercle de confiance (ex. « 95 % des positions sont à moins de 0,5 m de la vraie localisation »). Souvent exprimée statistiquement, comme l’intervalle de confiance à 95 % ou le RMSE (Root Mean Square Error).
Exemple :
Un nouveau point de contrôle géodésique déterminé par relevé est vérifié par un contrôle de niveau supérieur à 1,5 cm de sa position réelle ; son exactitude de position est de 1,5 cm. En aviation, l’OACI exige que les points de référence d’aéroport aient une exactitude de position horizontale inférieure à 1 mètre à un niveau de confiance de 95 %.
Normes :
Annexe 15 de l’OACI, manuel OACI ADQ, et FGDC NSSDA définissent les protocoles de définition, de test et de rapport de l’exactitude.
Précision
Définition et principes :
La précision fait référence à la répétabilité, la cohérence ou la finesse de la mesure. C’est le degré selon lequel des mesures répétées dans des conditions identiques produisent des résultats similaires, indépendamment de leur proximité avec la vraie valeur. Quantifiée par la dispersion statistique (écart type ou variance).
Application :
Essentielle dans les opérations topographiques pour évaluer la fiabilité des mesures, l’étalonnage des instruments, l’établissement de réseaux de contrôle et les ajustements aux moindres carrés.
Expression :
Exprimée comme écart type (σ), variance (σ²) ou étendue des mesures (ex. ±0,003 m). En GNSS, souvent l’écart type des solutions de position au fil du temps.
Exemple :
Une base mesurée cinq fois donne des valeurs très regroupées (ex. écart type = 0,001 m), indiquant une grande précision, indépendamment de la proximité avec la longueur réelle de la base.
Normes :
Différenciée de l’exactitude dans l’Annexe 15 de l’OACI, l’ISO 19157 et toutes les grandes références métrologiques.
Exactitude de position (positionnelle)
Définition et principes :
Le degré auquel les coordonnées d’un point dans un jeu de données spatiales correspondent à sa position réelle sur le terrain, référencée à un datum géodésique. Sous-ensemble de la qualité des données spatiales, et essentiel pour la cartographie, la navigation et l’ingénierie.
Application :
Vitale pour tous les jeux de données spatiales : cartographie, relevés cadastraux, planification d’infrastructures et aviation (ex. seuils de piste, aides à la navigation, obstacles).
Mesure/Expression :
Évaluée en comparant les coordonnées du jeu de données à une « vérité terrain » de précision supérieure. Exprimée en RMSE, écart type ou cercle/ellipse de confiance à 95 %. Exemple : « 1,5 mètre à 95 % de confiance » signifie que 95 % des entités sont à moins de 1,5 m de leur vraie position.
Exemple :
Une couche SIG d’hydrants revendique une exactitude de position horizontale de 1,5 m à 95 % de confiance ; 95 % des hydrants vérifiés sont à moins de 1,5 m des positions relevées.
Normes :
L’OACI ADQ et la FGDC NSSDA précisent les exigences de rapport et de test de l’exactitude de position.
Exactitude relative
Définition et principes :
L’exactitude relative mesure la justesse des relations spatiales entre des points d’un même jeu de données, indépendamment de leur géoréférencement absolu. Se concentre sur la cohérence interne.
Application :
Critique pour l’implantation de chantiers, les relevés de projet et la cartographie où la relation correcte entre entités prime sur la position globale. Garantit les distances/angles corrects au sein du jeu de données même en cas de décalage global.
Mesure/Expression :
Évaluée en comparant les distances/angles mesurés entre les points du jeu de données avec les mesures terrain. Exprimée en écart maximal (ex. tous les coins de parcelle à moins de 1 cm les uns des autres) ou indicateur statistique.
Exemple :
Dans un nouveau lotissement, une exactitude relative de 0,008 m signifie que tous les coins de lots sont à moins de 8 mm les uns des autres, même si l’ensemble du bloc est décalé de 10 cm par rapport au datum géodésique.
Normes :
L’Annexe 15 de l’OACI, la FGDC et l’ISO 19157 exigent une documentation distincte de l’exactitude relative, notamment pour les ajustements internes de réseau.
Exactitude de réseau
Définition et principes :
L’exactitude de réseau correspond à l’incertitude de la position d’un point de contrôle par rapport au datum géodésique. Mesure la qualité de rattachement d’un point au système de référence national ou mondial.
Application :
Essentielle pour les réseaux de contrôle géodésiques, les stations de base GNSS et les relevés nécessitant l’intégration au système de coordonnées national/international.
Mesure/Expression :
Déterminée par la propagation des incertitudes dans un ajustement de réseau (souvent moindres carrés). Rapportée à un niveau de confiance (typiquement 95 %) comme une valeur linéaire (ex. 0,01 m à 95 % de confiance).
Exemple :
Un point de contrôle géodésique de premier ordre a une exactitude de réseau publiée de 0,005 m à 95 % de confiance, indiquant que la vraie position est à moins de 5 mm des coordonnées rapportées dans 95 % des cas.
Normes :
Le NGS définit l’exactitude de réseau dans le NSRS ; l’OACI l’exige pour les entités aéronautiques.
Exactitude locale
Définition et principes :
L’exactitude locale quantifie l’incertitude de la position d’un point de contrôle par rapport aux autres points connectés directement dans le même réseau/projet. Mesure la fidélité géométrique interne.
Application :
Vitale pour l’implantation de chantier, les projets d’ingénierie et les relevés nécessitant une géométrie interne précise (ex. angles de bâtiment, alignements routiers).
Mesure/Expression :
Analysée via les résidus/écarts au sein du réseau du projet après ajustement. Rapportée comme écart maximal ou écart type à 95 % de confiance (ex. 0,005 m à 95 %).
Exemple :
Le réseau local d’un chantier présente une erreur relative maximale entre points de 5 mm, garantissant un placement très cohérent de tous les éléments.
Normes :
La FGDC et le NGS exigent un rapport séparé de l’exactitude locale ; référencée dans l’OACI pour la cartographie d’aérodrome.
Exactitude verticale
Définition et principes :
L’exactitude verticale est la proximité d’une altitude mesurée ou estimée (coordonnée z) à l’altitude réelle, référencée à un datum vertical (ex. NAVD88, ellipsoïde WGS84).
Application :
Essentielle pour la cartographie topographique, la gestion des zones inondables, l’ingénierie, les MNT et l’aviation (ex. altitudes de piste, dégagement d’obstacles).
Mesure/Expression :
Comparée à des points de référence relevés indépendamment ; rapportée en RMSE ou à un niveau de confiance de 95 % (ex. 0,25 m à 95 %).
Exemple :
Un MNT annonce une exactitude verticale de 0,15 m à 95 % de confiance, ce qui signifie que 95 % des points sont à moins de 15 cm de l’altitude réelle.
Normes :
L’Annexe 15 de l’OACI, la FGDC et l’ASPRS définissent les exigences et protocoles de test/rapport de l’exactitude verticale.
Chiffres significatifs
Définition et principes :
Les chiffres significatifs sont les chiffres d’un nombre qui transmettent une information de mesure significative et indiquent la certitude des valeurs rapportées, reflétant les limites de l’instrument/méthode.
Application :
Utilisés dans les rapports de mesure, calculs et saisies de données pour éviter de surestimer la précision. Critiques pour communiquer les résultats de relevé et intégrer les données.
Utilisation/Expression :
Le nombre de chiffres significatifs est déterminé par le plus petit incrément fiable. Ex. si la précision d’un récepteur GNSS est de 1 cm, rapporter 123,46 m, pas 123,4567 m.
Exemple :
Si la précision de l’instrument est de 1 cm, la distance est rapportée comme 123,46 m, pas davantage, reflétant la précision réelle.
Normes :
ISO 80000, normes nationales de topographie et guides de métrologie.
Types d’erreurs
Fautes grossières (Erreurs grossières) :
Erreurs humaines (ex. mauvaise lecture d’instruments, erreurs de saisie). Non statistiques ; doivent être détectées et éliminées, car elles biaisent les résultats.
Erreurs systématiques :
Erreurs constantes, reproductibles dues à l’équipement/l’étalonnage, l’environnement ou des procédures défectueuses. Souvent corrigeables (ex. via l’étalonnage de l’instrument ou l’application de facteurs correctifs).
Erreurs aléatoires :
Fluctuations imprévisibles, inhérentes (ex. bruit d’instrument, effets atmosphériques). Traitées statistiquement, minimisées par la redondance et l’ajustement.
Traitement des erreurs :
Vérifier les fautes grossières ; rechercher/corriger les erreurs systématiques ; minimiser les erreurs aléatoires statistiquement.
Normes :
L’OACI, la FGDC et les principales normes de topographie imposent l’analyse, la documentation et les protocoles de correction/élimination des erreurs.
Rapport de fermeture
Définition et principes :
Indicateur de qualité dans les polygonales et boucles de nivellement ; décrit le rapport proportionnel entre la longueur totale de la polygonale et la fermeture (erreur totale de retour au point de départ).
Application :
Utilisé dans les polygonales classiques et boucles de nivellement comme principal contrôle de la cohérence interne du relevé ; des rapports minimums sont requis pour l’acceptation du relevé.
Calcul/Expression :
Rapport de fermeture = Longueur totale / Fermeture linéaire.
Ex. : polygonale de 10 000 m avec 0,5 m de fermeture = 1:20 000.
| Longueur totale de la polygonale | Fermeture | Rapport de fermeture |
|---|
| 10 000 m | 0,5 m | 1:20 000 |
Critères d’acceptation :
Les normes de relevé précisent des rapports minimums (ex. 1:10 000 pour le cadastral, 1:20 000 pour le géodésique de haut niveau).
RMSE (Erreur quadratique moyenne)
Définition et principes :
Mesure statistique de l’amplitude moyenne de l’erreur entre les valeurs mesurées/prédites et les valeurs réelles. Résume la distance moyenne entre les points relevés et leurs vraies positions.
Calcul :
Pour la position horizontale :
[
RMSE = \sqrt{\frac{\sum_{i=1}^{n} \left[(x_i - x_{i,ref})^2 + (y_i - y_{i,ref})^2\right]}{n}}
]
Application :
Standard pour l’évaluation de l’exactitude dans la qualité des données spatiales (FGDC NSSDA, ASPRS, OACI ADQ).
Rapport :
Le RMSE est multiplié par un facteur de confiance pour le niveau de confiance souhaité (ex. RMSE × 1,7308 pour 95 % dans NSSDA).
Exemple :
Si RMSE = 0,30 m, l’exactitude à 95 % de confiance = 0,30 × 1,7308 = 0,52 m.
Niveau de confiance et cercle/ellipse de confiance
Définition et principes :
Un niveau de confiance quantifie la probabilité que l’erreur de position ne dépasse pas une valeur. Le cercle de confiance (2D) ou l’ellipse (erreur anisotrope) est la zone dans laquelle la vraie position est attendue avec une probabilité donnée (ex. 95 %).
Application :
Utilisé dans tous les rapports d’exactitude de position pour le contrôle géodésique, la navigation et la cartographie. L’OACI et la FGDC imposent le rapport au niveau de confiance de 95 %.
Calcul/Expression :
Rayon du cercle de confiance = RMSE × facteur de confiance (ex. 1,7308 pour 95 %). Pour des erreurs anisotropes, les axes de l’ellipse reflètent les écarts types selon chaque direction.
Exemple :
Un point avec un RMSE de 0,2 m a un rayon de cercle de confiance à 95 % de 0,346 m, soit une probabilité de 95 % que la vraie localisation soit à moins de 0,346 m.
Normes :
Manuel OACI ADQ, FGDC NSSDA et normes ISO exigent le rapport du niveau de confiance pour les données de position.
Références et ressources
- Annexe 15 de l’OACI – Services d’information aéronautique
- Manuel de Qualité des Données Aéronautiques (ADQ) de l’OACI
- Norme nationale FGDC pour l’exactitude des données spatiales (NSSDA)
- Normes ASPRS d’exactitude pour les données géospatiales numériques
- ISO 19157 : Information géographique – Qualité des données
- NGS Bluebook & Système national de référence spatiale (NSRS)
- Manuels de topographie NOAA/NOS
- ISO 80000 : Grandeurs et unités
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