Altimètre

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Altimètre

Vue d’ensemble

Un altimètre est un instrument d’aviation essentiel qui mesure la distance verticale entre un aéronef et un niveau de référence, généralement le niveau moyen de la mer (MSL) ou le sol situé directement en dessous. Il constitue un élément fondamental de l’avionique, indispensable pour la navigation, la sécurité de la séparation avec le terrain, la gestion de l’espace aérien et le maintien de la séparation avec les autres aéronefs. Les altimètres affichent l’altitude en pieds ou en mètres, et le processus de mesure de l’altitude est appelé altimétrie.

Le mot « altimètre » provient de « altitude » (hauteur) et de « mètre » (appareil de mesure). En vol aux instruments (IFR) comme en vol à vue (VFR), les pilotes s’appuient sur l’altimètre pour la connaissance de la situation et le respect des exigences de séparation d’espace aérien et d’obstacles.

Les altimètres barométriques (de pression) sont la norme en aviation, mais les aéronefs modernes peuvent utiliser d’autres types, tels que les altimètres radar ou GPS, chacun offrant des avantages spécifiques selon la phase ou le type de vol. Les indications d’altitude de l’altimètre sont également transmises au contrôle aérien (ATC) via le transpondeur de l’aéronef, participant à la surveillance du trafic et à l’évitement des collisions.

Pour en savoir plus, voir SKYbrary : Altimeter et Wikipédia : Altimètre .

Principe de fonctionnement

Pression atmosphérique et altitude

Les altimètres barométriques fonctionnent sur le principe que la pression atmosphérique diminue de façon prévisible avec l’altitude. L’Atmosphère Standard Internationale (ISA) définit une référence : au niveau de la mer, la pression standard est de 1 013,25 hPa (29,92 inHg) et la température de 15 °C. Pour chaque augmentation de 1 000 pieds d’altitude, la pression chute d’environ 1 inHg, bien que ce taux ne soit pas strictement linéaire à mesure que l’altitude augmente.

Concepts clés :

  • Pression au niveau de la mer : 1 013,25 hPa (29,92 inHg)
  • La pression diminue avec l’altitude : ~1 inHg par 1 000 pieds (approximation près du niveau de la mer)
  • ISA : Utilisée pour l’étalonnage et comme référence

L’altimètre prélève la pression statique de l’air via la prise statique de l’aéronef. Une pression plus faible en altitude provoque l’expansion de la (ou des) capsule(s) anéroïde(s) de l’altimètre, ce qui déplace l’aiguille mécanique ou actualise l’affichage numérique.

Altimètre barométrique (de pression)

L’altimètre barométrique est le type le plus courant en aviation. Il utilise une capsule anéroïde scellée et flexible qui se dilate lorsque la pression extérieure diminue (c’est-à-dire à mesure que l’aéronef monte). Ce mouvement entraîne l’aiguille ou l’affichage numérique de l’instrument.

Composants principaux :

  • Capsule anéroïde : Sensible aux variations de pression, généralement fabriquée en alliage cuivre-béryllium.
  • Prise statique : Fournit à l’instrument la pression extérieure non perturbée.
  • Fenêtre Kollsman : Molette de réglage de la pression de référence (QNH, QFE, QNE).
  • Tringleries mécaniques/traitement numérique : Convertissent le mouvement en indication d’altitude.

Fonctionnement :

  1. La prise statique canalise la pression extérieure vers l’altimètre.
  2. La capsule anéroïde se dilate ou se contracte selon les variations de pression.
  3. Ce mouvement est affiché en altitude.
  4. La fenêtre Kollsman permet d’ajuster la pression de référence adaptée à la phase de vol.

Les cockpits numériques modernes utilisent des calculateurs de données air pour traiter ces informations pour l’affichage, le pilote automatique et d’autres systèmes avioniques.

Voir SKYbrary : Altimeter et Wikipédia : Altimètre .

Types d’altimètres

L’aviation utilise plusieurs types d’altimètres, chacun adapté à des opérations spécifiques.

1. Altimètre barométrique (de pression)

  • Principe : Mesure l’altitude au-dessus d’une référence grâce à la pression atmosphérique.
  • Utilisation : Tous les aéronefs certifiés, des avions légers aux avions de ligne.
  • Caractéristiques : Mécanique ou numérique, avec fenêtre Kollsman pour le réglage de pression.
  • Points forts : Fiable, ne nécessite pas d’alimentation externe (mécanique).
  • Limites : Sensible aux erreurs de pression atmosphérique et de température.

2. Altimètre radar (radio)

  • Principe : Envoie des ondes radio vers le sol ; mesure le temps aller-retour.
  • Utilisation : Vol à basse altitude, approches, atterrissage automatique, alerte de proximité du terrain.
  • Caractéristiques : Indique la hauteur exacte au-dessus du sol (AGL), généralement jusqu’à 2 500 pieds.
  • Points forts : Indépendant des conditions météo ou de la pression, référence directe au terrain.
  • Limites : Fonctionne uniquement à basse altitude ; moins précis au-dessus de l’eau ou d’un terrain irrégulier.

3. Altimètre laser

  • Principe : Émet des impulsions laser ; mesure le temps de réflexion pour calculer l’AGL.
  • Utilisation : Cartographie du relief, détection d’obstacles, drones, recherche.
  • Caractéristiques : Haute précision, acquisition rapide pour la cartographie.
  • Points forts : Indépendant de la pression ; très précis.
  • Limites : Performance réduite par le brouillard, la pluie ou les surfaces réfléchissantes.

4. Altimètre sonique

  • Principe : Envoie des ondes ultrasonores vers le bas ; mesure le temps de l’écho pour l’AGL.
  • Utilisation : Drones, maintien stationnaire d’hélicoptères, recherche.
  • Caractéristiques : Léger, portée courte.
  • Points forts : Peu coûteux, efficace à faible hauteur.
  • Limites : Sensible au vent, au bruit et à l’irrégularité du sol.

5. Altimètre GPS (satellitaire)

  • Principe : Utilise les satellites GPS pour calculer l’altitude géométrique.
  • Utilisation : Avionique moderne, navigation, tablettes de vol électroniques.
  • Caractéristiques : Couverture mondiale, indépendante de la météo.
  • Points forts : Non affecté par la pression/température ; utile pour les recoupements.
  • Limites : L’altitude est référencée à un ellipsoïde géodésique, et non au niveau moyen de la mer ; non approuvé pour la séparation primaire ATC.

Tableau comparatif :

TypePrincipeMesureUtilisation typiquePoints fortsLimites
Barométrique (pression)Pression de l’airAltitude (MSL)Tous aéronefsFiable, simpleErreurs pression/temp.
Radar (radio)Ondes radioHauteur (AGL)Approches, atterrissagePrécis au reliefBasse altitude only
LaserImpulsions laserHauteur (AGL)Cartographie, obstaclesHaute précisionSensible météo
SoniqueOndes sonoresHauteur (AGL)Opérations bassesSimple, économiquePortée courte
GPS (satellitaire)Signaux satellitesAltitude géométriqueAvionique modernePrécis, mondialLimites réglementaires

MSL : niveau moyen de la mer ; AGL : hauteur au-dessus du sol

Références :

Réglages de l’altimètre et pressions de référence

Des réglages précis de l’altimètre sont essentiels pour des indications d’altitude exactes. La pression de référence sélectionnée (via la fenêtre Kollsman) détermine si l’altimètre affiche l’altitude au-dessus du niveau de la mer, d’un aérodrome spécifique, ou une altitude de pression pour les niveaux de vol. Les trois standards principaux sont QNH, QFE et QNE.

QNH

  • Définition : Altimètre réglé sur la pression locale au niveau moyen de la mer.
  • Utilisation : Le plus courant ; donne l’altitude par rapport au niveau moyen de la mer (MSL).
  • Exemple : Au sol, l’altimètre indique l’élévation de l’aéroport si le réglage est correct.

QFE

  • Définition : Altimètre réglé sur la pression de l’aérodrome ; indique zéro au sol sur l’aérodrome.
  • Utilisation : Utilisé dans certaines opérations militaires ou de vol à voile pour l’indication locale AGL.

QNE

  • Définition : Réglage standard (1 013,25 hPa/29,92 inHg) ; utilisé pour les niveaux de vol au-dessus de l’altitude de transition.
  • Utilisation : Assure une référence uniforme pour la séparation ATC en altitude.
Q-CodeRéférenceLecture de l’altimètrePhase d’utilisation typique
QNHNiveau moyen de la merAltitude (MSL)Décollage, croisière, atterrissage
QFEÉlévation aérodrome (AGL)Hauteur (AGL)Décollage, approche, atterrissage (certains)
QNEStandard (1 013,25 hPa)Altitude-pression (FL)Au-dessus de l’altitude/du niveau de transition

Références :

Terminologie

  • Altitude : Distance verticale au-dessus du niveau moyen de la mer (QNH).
  • Hauteur : Distance verticale au-dessus du sol/référence (QFE, AGL).
  • Niveau de vol (FL) : Altitude-pression référencée à la pression standard (QNE).

Précision, limites et problèmes courants

Facteurs affectant la précision de l’altimètre

  1. Variation de la pression atmosphérique : Les changements de pression au sol (ex : passage de fronts météo) nécessitent un réajustement de l’altimètre. Un mauvais réglage peut entraîner d’importantes erreurs d’altitude.
  2. Écarts de température : Les altimètres supposent une température standard. L’air froid comprime les couches de pression, ce qui fait surestimer l’altimètre (l’aéronef est plus bas que ce qui est indiqué). Des corrections sont nécessaires en climat froid (ICAO : corrections de température froide ).
  3. Erreurs mécaniques/instrumentales : Une prise statique bouchée (givre, insectes, débris) ou l’usure de l’instrument peuvent entraîner des lectures erronées. Des contrôles et une maintenance régulière sont obligatoires.
  4. Erreurs de position/installation : Une prise statique mal placée ou des modifications de la cellule peuvent générer des erreurs, surtout à grande vitesse ou en attitudes inhabituelles.
  5. Erreur humaine : Oublier de régler la bonne pression de référence (QNH, QFE, QNE) est une source fréquente d’erreur.

Considérations réglementaires et opérationnelles

  • Redondance : La plupart des aéronefs disposent d’au moins deux altimètres indépendants pour la sécurité.
  • Intégration ATC et transpondeur : Les informations d’altitude sont transmises à l’ATC via le transpondeur de l’aéronef, participant à la surveillance radar et aux systèmes d’évitement des collisions.
  • Normalisation : L’OACI et les autorités nationales précisent les exigences détaillées pour la précision, l’étalonnage et l’utilisation des altimètres.

Importance en aviation

L’altimètre est indispensable pour :

  • Évitement du relief et des obstacles : Prévenir les collisions avec le sol (CFIT).
  • Séparation verticale : Assurer un espacement sûr entre aéronefs à différentes altitudes.
  • Navigation : Maintenir le niveau ou l’altitude assignée.
  • Approche et atterrissage : Fournir une hauteur précise pour un atterrissage en sécurité.
  • Conformité réglementaire : Respecter les exigences des opérations aériennes.

Références

Résumé

Un altimètre est un instrument fondamental de l’aviation, utilisant des principes barométriques, radar, laser, soniques ou GPS pour mesurer l’altitude d’un aéronef par rapport au niveau de la mer ou au sol. Son utilisation précise est vitale pour la sécurité, la navigation et le respect des normes mondiales de l’aviation.

Pour des détails réglementaires et des conseils opérationnels complets, consultez l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et SKYbrary .

Questions Fréquemment Posées

Quelle est la fonction principale d’un altimètre en aviation ?

La fonction principale d’un altimètre est de mesurer l’altitude d’un aéronef par rapport à un niveau de référence (niveau moyen de la mer ou niveau du sol), ce qui est essentiel pour une navigation sûre, l’évitement du relief et des obstacles, et le maintien de la séparation verticale avec les autres aéronefs.

Comment fonctionne un altimètre barométrique ?

Un altimètre barométrique mesure la pression atmosphérique via une prise statique. Lorsque l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue, ce qui fait se dilater une capsule anéroïde dans l’altimètre. Ce mouvement est transformé en une indication d’altitude lisible grâce au modèle de l’Atmosphère Standard Internationale.

Que sont le QNH, le QFE et le QNE ?

Ce sont des réglages de pression standard pour les altimètres. QNH règle l’altimètre pour afficher l’altitude au-dessus du niveau moyen de la mer ; QFE l’ajuste pour afficher la hauteur au-dessus d’un aérodrome spécifique (AGL) ; QNE le règle sur une pression standard (1013,25 hPa) pour l’altitude-pression standard (niveaux de vol) au-dessus de l’altitude de transition.

Quels sont les principaux types d’altimètres utilisés en aviation ?

Les principaux types sont les altimètres barométriques (de pression), les altimètres radar (radio), les altimètres laser, les altimètres soniques et les altimètres GPS (satellitaires), chacun ayant des principes et des usages spécifiques en aviation.

Pourquoi un réglage précis de l’altimètre est-il important ?

Un réglage précis de l’altimètre garantit que les indications d’altitude reflètent la hauteur réelle au-dessus du niveau de référence, ce qui est essentiel pour maintenir une distance de sécurité avec le relief, la séparation avec les autres aéronefs et le respect de la réglementation de l’espace aérien.

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Assurez une parfaite connaissance de l’altitude et le respect des normes de l’aviation en comprenant et utilisant correctement les altimètres.

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