Train d'atterrissage d'aéronef

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Train d’atterrissage d’aéronef – Glossaire complet

Définition et aperçu

Le train d’atterrissage d’un aéronef (ou train) est l’ensemble complet de roues, amortisseurs, freins, jambes, mécanismes de rentrée et systèmes associés qui soutiennent l’appareil lors des opérations au sol et permettent des décollages et atterrissages sûrs. Le train d’atterrissage supporte le poids de l’aéronef, absorbe et dissipe les chocs à l’atterrissage, permet la direction au sol et assure freinage et stabilité sur diverses surfaces, y compris pistes, herbe, eau, neige ou terrain accidenté.

Les fonctions clés du train d’atterrissage incluent :

  • Support de poids : Supporte les charges statiques et dynamiques de l’appareil durant toutes les phases au sol.
  • Absorption des chocs : Dissipe l’énergie cinétique lors de l’atterrissage ou d’un décollage interrompu, protégeant la cellule.
  • Stabilité au sol : Garantit le contrôle directionnel et la stabilité lors du roulage, du décollage et de l’atterrissage.
  • Freinage/Décélération : Équipé de freins pour arrêter l’aéronef en toute sécurité après l’atterrissage ou lors d’un décollage interrompu.
  • Adaptabilité : Peut inclure flotteurs, skis ou autres adaptations pour divers terrains.

La conception du train d’atterrissage est réglementée par des normes telles que l’EASA CS-25 et la FAR Part 25 de la FAA, garantissant sécurité, fiabilité et performance. Les systèmes modernes peuvent inclure la surveillance électronique de l’état et des indicateurs avancés.

Contexte historique

Le train d’atterrissage a évolué au fil de l’histoire de l’aviation. Les premiers planeurs et le Flyer des frères Wright utilisaient des patins en bois. Avec l’augmentation du poids et de la vitesse des aéronefs, les roues ont remplacé les patins, et les années 1920-30 ont vu l’apparition de trains robustes avec pneus en caoutchouc et amortisseurs basiques. La Seconde Guerre mondiale a introduit le train escamotable pour améliorer l’aérodynamique et des systèmes spécialisés comme les flotteurs et les skis.

L’ère du jet a apporté la rentrée hydraulique, des matériaux avancés et des bogies multi-roues pour les appareils plus lourds. Aujourd’hui, le train d’atterrissage supporte des poids dépassant 500 000 kg, intègre des dispositifs de sécurité et bénéficie de la maintenance prédictive et des matériaux composites pour davantage d’améliorations.

Types de trains d’atterrissage d’aéronef

Le train d’atterrissage varie selon le mode opérationnel (fixe ou escamotable) et la configuration (tricycle, roulette de queue, tandem).

Train d’atterrissage fixe

Le train fixe reste sorti pendant toutes les phases de vol. Courant sur les avions légers et d’entraînement, il est simple, robuste et fiable—idéal lorsque la vitesse est secondaire et la robustesse primordiale. Le train fixe peut comporter des carénages profilés (“wheel pants”) pour réduire la traînée.

Exemples : Piper PA-18 Super Cub, Cessna 172.

Train d’atterrissage escamotable

Le train escamotable rentre dans la structure de l’appareil, réduisant la traînée et améliorant la vitesse et l’efficacité énergétique. Présent sur les avions de haute performance, commerciaux ou militaires, il utilise des systèmes hydrauliques ou électriques complexes, des verrous et des dispositifs de secours manuels.

Exemples : Cirrus SR22, Boeing 737, F-16 Fighting Falcon.

Configurations de trains d’atterrissage

Train tricycle

Cette configuration comprend deux roues principales derrière le centre de gravité et une roulette de nez orientable. Elle offre :

  • Meilleure stabilité au sol et visibilité vers l’avant
  • Risque réduit de basculement vers l’avant
  • Maniabilité facilitée par vent de travers

Très répandue sur la plupart des avions de ligne, jets d’affaires et avions légers modernes.

Train à roulette de queue (conventionnel)

Cette configuration place deux roues principales à l’avant et une petite roue à l’arrière. Elle est plus légère, offre une meilleure garde pour l’hélice, et performe bien sur terrains accidentés. Cependant, elle est plus difficile à manier et sujette au “groundloop”.

Populaire chez les avions acrobatiques, de brousse et anciens.

Train tandem et balanciers

Le train tandem aligne les roues principales le long du fuselage, avec de petits balanciers ou patins pour la stabilité latérale. Utilisé dans des cas spéciaux comme le Lockheed U-2 ou le B-52, lorsque la structure ou la conception des ailes impose des arrangements uniques.

Types alternatifs

  • Flotteurs/Pontons : Pour les opérations sur l’eau (hydravions)
  • Skis : Pour la neige ou la glace (avions à skis)
  • Patins : Utilisés par les hélicoptères et planeurs

Composants clés du train d’atterrissage

Roues et pneus

Les roues d’aéronef sont fabriquées en alliages d’aluminium ou de magnésium à haute résistance. Les pneus supportent de lourdes charges et de grandes vitesses, comportant de multiples plis renforcés et gonflés à haute pression (parfois plus de 200 psi). Les pneus “chined” sur la roulette de nez évacuent l’eau sur piste mouillée.

L’état des pneus est crucial ; des dispositifs comme les fusibles évitent les éclatements en libérant la pression en cas de surchauffe. Les roues peuvent comporter des boucliers thermiques, des disques de frein anti-blocage et des roulements robustes.

Amortisseurs (jambes)

La plupart des avions utilisent des jambes oléopneumatiques, combinant gaz comprimé et fluide hydraulique pour absorber l’énergie à l’atterrissage. La jambe se comprime à l’impact, dissipant la force et adoucissant l’atterrissage. Un entretien rigoureux—contrôle du fluide, pression du gaz, absence de fuite—est essentiel.

Freins

Des freins à disque (acier ou composite carbone) équipent les roues principales. L’actionnement hydraulique est standard, avec des systèmes anti-blocage pour éviter le blocage. Les freins subissent de fortes charges thermiques ; des systèmes avancés surveillent température et usure.

Systèmes de direction

La direction est assurée par la roulette de nez ou de queue, reliée aux palonniers ou à un volant de direction. L’assistance hydraulique/électrique équipe les gros appareils. Le freinage différentiel aide lors des virages serrés et des manœuvres au sol.

Systèmes de rentrée

Des systèmes hydrauliques, électriques ou pneumatiques commandent la sortie et la rentrée du train. Les dispositifs de sécurité incluent verrous haut/bas, contacteurs au sol (empêchant la rentrée au sol), et sortie manuelle ou gravitationnelle en cas d’urgence.

Trappes et carénages

Les trappes ferment les logements du train pour améliorer l’aérodynamisme. Les conceptions vont du simple au complexe, avec des joints pour éviter les fuites d’air. L’intégrité des portes est essentielle à la sécurité.

Indication de position et avertissement

Des voyants au tableau de bord indiquent “train rentré”, “train sorti” ou “en transit”. Des avertisseurs sonores préviennent le pilote si le train n’est pas sorti lors de la configuration d’atterrissage (volets sortis, manette des gaz réduite). Des systèmes avancés assurent la surveillance en temps réel de la position et du verrouillage du train.

Matériaux et conception du train d’atterrissage

Matériaux structuraux

  • Acier à haute résistance : Principales pièces sollicitées, résistant à la fatigue et protégé contre la corrosion.
  • Aluminium : Utilisé pour les pièces moins sollicitées et certaines roues.
  • Titane : De plus en plus utilisé pour la solidité et le gain de poids.
  • Composites : Fibre de carbone pour les structures secondaires, allégeant l’ensemble.

Critères de conception

Le train d’atterrissage doit résister à des charges extrêmes (atterrissages durs, freinages puissants, vents de travers). Les réglementations fixent des exigences de charge “limite” et “ultime”.

Autres critères :

  • Durée de vie en fatigue : Contrôles non destructifs rigoureux pour éviter les fissures.
  • Résistance à la corrosion : Revêtements protecteurs, inspections régulières.
  • Aérodynamique : Carénages profilés et trappes étanches.
  • Redondance : Sortie manuelle ou de secours pour garantir la sortie du train à l’atterrissage.

Utilisation opérationnelle et scénarios

Utilisation du train d’atterrissage

  • Roulage : Supporte tout le poids, absorbe les chocs, permet direction/freinage.
  • Décollage : Transmet l’accélération à la piste, résiste aux vents de travers et aux irrégularités.
  • Atterrissage : Absorbe les forces verticales/horizontales, assure freinage et direction.
  • Manutention au sol : Permet remorquage, repoussage, stationnement, et supporte les activités sur le tarmac.

Exemples concrets

  • Cessna 172 : Train tricycle fixe, simple et fiable pour l’entraînement et l’utilisation générale.
  • Boeing 737 : Train tricycle escamotable, bogies multi-roues, freins sophistiqués.
  • Twin Otter (flotteurs) : Train amphibie pour opérations sur piste ou sur eau.

Cas particuliers

  • Avions STOL : Train fixe surdimensionné pour terrains sommaires.
  • Chasseurs : Trains escamotables complexes pour atterrissages courts et à grande vitesse.
  • Avions cargo : Trains multi-bogies pour charges lourdes et pistes variées.

Défis d’utilisation et de maintenance du train

Sollicitations opérationnelles

  • Choc à l’atterrissage : Charges verticales élevées, surtout lors d’atterrissages durs.
  • Charges au roulage : Efforts latéraux, de torsion et dynamiques dus au terrain/débris.
  • Environnement : Humidité, produits chimiques, températures extrêmes.

Défaillances courantes

  • Éclatement de pneus : Provoqué par FOD, sous-gonflage ou surchauffe.
  • Fuites/collapse de jambes : Joints usés ou perte hydraulique.
  • Surchauffe des freins : Due à un freinage intense/répété.
  • Shimmy : Oscillation des roues orientables, gérée par amortisseurs spécifiques.

Solutions techniques

  • Jambes oléopneumatiques : Absorption fiable des chocs.
  • Amortisseurs de shimmy : Évitent les oscillations dommageables.
  • Rentrée redondante : Systèmes manuels/gravitationnels de secours.
  • Refroidissement des freins : Disques ventilés/carbone, boucliers thermiques.

Maintenance et inspection

Des inspections et entretiens réguliers sont essentiels à la sécurité. Les protocoles de maintenance comprennent :

  • Contrôle de la pression, de la bande de roulement et de l’état des pneus
  • Inspection de l’extension, des fuites et du niveau de fluide des jambes
  • Contrôle de l’usure, de la température et de l’intégrité hydraulique des freins
  • Vérification du fonctionnement de la sortie/rentrée et des systèmes d’urgence
  • Surveillance de la corrosion et des fissures de fatigue

La maintenance prédictive et la surveillance électronique de l’état sont de plus en plus utilisées pour planifier les réparations et prévenir les pannes.

Tendances futures du train d’atterrissage

  • Composites : Utilisation accrue de la fibre de carbone pour un train plus léger et résistant.
  • Capteurs intelligents : Surveillance avancée de l’état pour une maintenance conditionnelle.
  • Actionnement électrique : Réduction de la complexité hydraulique et du poids.
  • Réduction du bruit : Trains et trappes plus silencieux pour les opérations urbaines.

Conclusion

Le train d’atterrissage d’un aéronef est un système hautement élaboré, essentiel à la sécurité des vols. Sa conception et sa maintenance sont régies par des réglementations strictes et une ingénierie avancée, garantissant fiabilité, efficacité et sécurité dans des environnements variés. Les innovations continues en matériaux, capteurs et actionneurs améliorent les performances, réduisent le poids et renforcent la sécurité globale.

Termes associés

  • Amortisseur (jambe oléopneumatique)
  • Train tricycle
  • Train à roulette de queue
  • Multi-bogie
  • Système anti-blocage
  • Flotteurs (hydravion)
  • Skis (avion à skis)
  • Système de rentrée
  • Indication de position
  • Amortisseur de shimmy

Le train d’atterrissage est fondamental pour la sécurité et la performance aéronautique—conçu et entretenu pour une fiabilité maximale, il évolue constamment avec les aéronefs eux-mêmes.

Questions Fréquemment Posées

Quelle est la fonction principale du train d'atterrissage d'un aéronef ?

Le train d'atterrissage supporte le poids de l'appareil au sol, y compris lors du roulage, du décollage et de l'atterrissage. Il absorbe les chocs à l'atterrissage, permet la direction et le freinage, et assure stabilité et sécurité sur diverses surfaces, comme les pistes, l'herbe ou l'eau.

Quels sont les principaux types de configurations de trains d'atterrissage ?

Les configurations les plus courantes sont le tricycle (deux roues principales et une roulette de nez), la roulette de queue ou conventionnelle (deux roues principales et une roulette de queue), le tandem (roues principales alignées sous le fuselage avec des balanciers), et des types spécialisés comme les flotteurs pour l'eau ou les skis pour la neige.

Quels matériaux sont utilisés pour la construction des trains d'atterrissage ?

Des alliages d'acier à haute résistance, de l'aluminium, et de plus en plus du titane et des composites en fibre de carbone sont utilisés. Ces matériaux offrent le meilleur compromis entre résistance, légèreté et résistance à la fatigue et à la corrosion requis pour une utilisation sûre.

Comment le train d'atterrissage absorbe-t-il les chocs lors de l'atterrissage ?

La plupart des aéronefs utilisent des jambes oléopneumatiques, qui combinent un gaz comprimé et un fluide hydraulique pour absorber et dissiper l'énergie des impacts à l'atterrissage, protégeant la structure et offrant une expérience d'atterrissage plus douce aux occupants.

Quelle est la différence entre un train d'atterrissage fixe et escamotable ?

Le train d'atterrissage fixe reste toujours sorti, offrant simplicité et fiabilité, idéal pour les appareils à basse vitesse. Le train escamotable peut être rentré en vol, réduisant la traînée aérodynamique et améliorant les performances, ce qui est courant sur les appareils plus rapides et plus grands.

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