La calibration PAPI par drone est-elle acceptée par les autorités de régulation ?
Ce que l'OACI, l'EASA, la FAA, Transports Canada et les autorités nationales en France, Espagne, Allemagne, Pologne, Slovaquie et République tchèque disent des contrôles PAPI par drone.

- 01 La question à poser à une autorité est de savoir si les preuves de la méthode satisfont le paramètre, pas si elle approuve les drones.
- 02 Le document OACI Doc 9157 Partie 4 cite les aéronefs sans pilote comme moyen de vérifier le réglage des indicateurs visuels de pente d'approche. C'est la phrase à citer.
- 03 Dans les États EASA, le document contraignant est le programme de maintenance de l'exploitant selon le règlement (UE) 139/2014, et une méthode y entre par une modification.
- 04 La France a le précédent le plus formel, avec une méthode par drone approuvée par le STAC en 2021. Les autres États acceptent au cas par cas.
- 05 Aux États-Unis et au Canada, la vérification en vol d'un PAPI n'est pas une calibration, et la maintenance photométrique et d'alignement de l'aérodrome porte l'obligation.
La question derrière la question
« L’autorité accepte-t-elle les drones ? » est la mauvaise question, et c’est celle que chaque aérodrome pose en premier. Les autorités n’acceptent pas les instruments. Elles fixent les paramètres qu’un PAPI doit respecter, les tolérances, et l’obligation pour l’exploitant de vérifier et d’enregistrer. L’instrument est le choix de l’exploitant, effectué dans le cadre d’un programme de maintenance que l’autorité a approuvé.
C’est pourquoi la réponse honnête au titre de cette page n’est ni oui ni non. Elle est : aucune autorité ne l’interdit, les recommandations de l’OACI le mentionnent, une autorité européenne a formellement approuvé une méthode par drone, et dans chaque autre État la réponse se fait aérodrome par aérodrome lors du changement de programme. Le reste de cette page examine autorité par autorité, cite ce que les documents disent réellement et signale où la preuve relève d’une déclaration du fournisseur plutôt que du régulateur.
OACI : les paramètres, et une phrase sur les drones
L’Annexe 14 Volume I définit le PAPI : l’espacement des unités, l’angle de réglage, la transition, la surface de protection contre les obstacles et les tolérances. Elle ne décrit pas comment chacun d’eux est vérifié. Les recommandations de vérification se trouvent dans le Doc 9157 Partie 4, le manuel de conception d’aérodrome sur les aides visuelles, qui décrit des moyens de vérifier le réglage d’un indicateur visuel de pente d’approche et nomme les aéronefs sans pilote parmi eux, au paragraphe 8.3.43.
Ce paragraphe est la référence à apporter à toute conversation avec une autorité. Il n’approuve pas une méthode. Les manuels de l’OACI n’approuvent rien. Il établit que le drone est l’un des instruments reconnus pour la vérification, ce qui déplace la discussion là où elle doit être : si les preuves satisfont le paramètre.
États EASA : le programme de maintenance est la porte
Le règlement (UE) 139/2014 exige que l’exploitant d’aérodrome établisse un système de maintenance préventive et corrective pour les aides visuelles et les systèmes électriques, et qu’il tienne les registres. Les CS-ADR-DSN, les spécifications de certification, fixent la conception et les performances auxquelles les aides sont certifiées. Aucun ne nomme d’instrument, et aucun n’a à le faire.
Une nouvelle méthode de vérification entre donc par une modification du programme de maintenance de l’exploitant, évaluée par l’autorité nationale compétente selon les dispositions de gestion des changements du règlement. La question de l’autorité est de savoir si la méthode démontre le paramètre à la tolérance, avec des preuves qu’elle peut auditer. Les trois éléments qui constituent cette démonstration sont les données brutes conservées, une méthode documentée et versionnée, et une incertitude déclarée par mesure.
France
Le précédent le plus clair. Une méthode de calibration PAPI par drone développée avec la DSNA a été approuvée par le STAC en 2021 et utilisée commercialement sur des aérodromes français depuis 2022, Genève suivant en 2024. Un second prestataire déclare une approbation DGAC. Les deux sont des déclarations des fournisseurs eux-mêmes, référencées en fin de document, et les deux devraient être confirmées auprès de l’autorité, mais la forme importe : une autorité technique française a évalué les preuves d’une méthode par drone pour le PAPI et l’a acceptée.
Espagne, Allemagne, Pologne, Slovaquie, République tchèque, Hongrie
L’AESA, le LBA et les autorités aéronautiques des Länder, l’ULC, le Dopravný úrad, l’ÚCL et la Légügyi Hatóság appliquent le même règlement avec le même mécanisme. Aucune n’a publié de position sur les méthodes par drone pour les aides visuelles. Le premier aérodrome de chaque État à modifier son programme présente les preuves. Les suivants peuvent se référer à la décision. Cette page enregistre chaque décision au fur et à mesure.
Royaume-Uni
Le Royaume-Uni a conservé la structure du règlement européen dans son droit interne après avoir quitté l’EASA, et le CAP 168 de la CAA fixe les exigences de licence d’aérodrome, y compris l’éclairage. L’instrument n’est à nouveau pas spécifié. La CAA a une longue histoire avec les tests photométriques mobiles, issus d’un programme de recherche de la CAA, donc la conversation productive porte sur les paramètres qu’un drone mesure et qu’un photomètre ne mesure pas, et vice versa, plutôt que sur les plateformes.
États-Unis
Un PAPI sur un aéroport bénéficiant d’obligations fédérales est vérifié en vol lors de sa mise en service dans le cadre du programme d’inspection en vol de la FAA, puis entretenu par l’aéroport selon l’AC 150/5340-26, qui traite de la maintenance d’alignement et photométrique sans spécifier l’instrument. La vérification en vol périodique n’est pas une calibration du PAPI. Elle confirme que l’installation soutient la procédure. L’obligation de maintenance, et le choix de l’instrument pour celle-ci, incombe à l’aéroport.
Canada
La Circulaire d’avis 300-014 de Transports Canada indique qu’une vérification en vol d’un PAPI ou APAPI n’est pas requise à des fins de calibration. C’est la déclaration la plus explicite que toute autorité de cette page fasse : la vérification est une mesure au sol, ou dans ce cas aéroportée, que l’aérodrome organise, et l’avion n’est pas l’instrument.
Ce qu’il faut présenter à votre autorité
Une note d’une page qui répond aux vraies questions de l’autorité avant qu’elles ne soient posées : la liste des paramètres que la méthode couvre, avec la référence à l’Annexe 14 ou aux CS-ADR-DSN pour chacun. Ensuite la description de la méthode et sa version, l’instrument et sa calibration, y compris le positionnement RTK et les paramètres internes de la caméra, et l’incertitude déclarée par paramètre. Puis quelles données brutes sont conservées et pendant combien de temps. L’autorisation de vol du drone, détenue par le prestataire, est jointe séparément. Une autorité qui reçoit cette note se voit demander d’évaluer des preuves, ce qui est une question qu’elle sait traiter.
Tâches connexes
Si la question porte sur ce que la méthode par drone mesure et où elle s’arrête, l’inspection d’aérodrome par drone est la page de méthode. Si elle porte sur la validité d’une mesure par drone comme preuve des mois plus tard, comment une mesure par drone devient une preuve expose la chaîne. Si elle porte sur les autres prestataires offrant la méthode et ce que chacun a vu accepter, la comparaison des fournisseurs les nomme. Et le service que cette page soutient est l’inspection PAPI .
Foire aux questions
- L'OACI permet-elle à un drone de vérifier un PAPI ?
- L'OACI n'approuve pas les instruments. Elle établit des normes et publie des recommandations. L'Annexe 14 Volume I définit la géométrie du PAPI, la surface de protection contre les obstacles et les tolérances, et ne dit rien sur la façon dont la vérification est effectuée. Le Doc 9157 Partie 4, le manuel de conception d'aérodrome sur les aides visuelles, décrit des méthodes pour vérifier le réglage des indicateurs visuels de pente d'approche et cite les aéronefs sans pilote parmi elles, au paragraphe 8.3.43. Cette phrase est la référence à citer : le manuel traite le drone comme l'un des instruments et laisse l'acceptation à l'État.
- Que dit l'EASA ?
- Les règles de l'EASA s'appliquent via le règlement (UE) 139/2014 et ses spécifications de certification, CS-ADR-DSN. Le règlement exige que l'exploitant d'aérodrome mette en place un système de maintenance préventive et corrective pour les aides visuelles et tienne des registres. Les CS-ADR-DSN fixent la conception et les performances auxquelles les aides sont certifiées. Aucun des deux ne nomme d'instrument de vérification. L'acceptation d'une méthode par drone n'est donc pas une décision de l'EASA mais une modification du programme de maintenance de l'exploitant, évaluée par l'autorité nationale compétente selon la gestion des changements du règlement. La question à poser à cette autorité est de savoir si les preuves de la méthode démontrent le paramètre à la tolérance, ce que le programme doit montrer.
- Existe-t-il un précédent en France ?
- Oui, le plus clair en Europe. Une méthode de calibration PAPI par drone développée avec la DSNA a été approuvée par le STAC, le service technique de l'aviation civile, en 2021, et utilisée commercialement sur des aérodromes français depuis 2022, Genève suivant en 2024. Un second prestataire déclare une approbation DGAC. Les deux sont des déclarations des fournisseurs eux-mêmes, et les deux méritent d'être confirmées, mais le fait demeure : une autorité française a accepté une méthode par drone pour le PAPI, sur la base de ses preuves, et c'est le modèle pour la question ailleurs.
- Qu'en est-il de l'Espagne, de l'Allemagne, de la Pologne, de la Slovaquie et de la République tchèque ?
- Tous sont des États EASA, donc le même mécanisme s'applique : le programme de maintenance de l'aérodrome selon le 139/2014, évalué respectivement par l'AESA, le LBA ou les autorités des Länder, l'ULC, le Dopravný úrad et l'ÚCL. Aucun ne publie de position sur les méthodes par drone en tant que telles. En pratique, le premier aérodrome de chaque État à modifier son programme doit présenter les preuves de la méthode, et les suivants peuvent se référer à cette décision. TarmacView présente la méthode et sa déclaration d'incertitude. L'acceptation relève de l'autorité, et cette page enregistrera chaque décision au fur et à mesure.
- Comment le Royaume-Uni traite-t-il la question ?
- Le Royaume-Uni a quitté l'EASA mais a conservé la structure du règlement dans son droit interne, et les directives de licence d'aérodrome de la CAA dans CAP 168 fixent les exigences d'éclairage. Comme dans l'UE, l'instrument n'est pas spécifié et les arrangements de maintenance de l'aérodrome portent l'obligation. La CAA a une longue histoire avec les tests photométriques mobiles, issus de son propre programme de recherche, donc la conversation utile porte sur ce que le drone mesure que le photomètre ne mesure pas, plutôt que sur la plateforme.
- Que disent la FAA et Transports Canada ?
- Aux États-Unis, un PAPI sur un aéroport bénéficiant d'obligations fédérales est vérifié en vol lors de sa mise en service, puis entretenu selon le programme de l'aéroport suivant l'AC 150/5340-26, qui traite de la maintenance d'alignement et photométrique sans spécifier l'instrument. La vérification en vol n'est pas une calibration périodique. Transports Canada va plus loin dans l'AC 300-014, en indiquant qu'une vérification en vol d'un PAPI ou APAPI n'est pas requise à des fins de calibration, ce qui place fermement la vérification sur la méthode au sol choisie par l'aérodrome. Aucune des deux autorités n'a publié de position sur les drones pour les aides visuelles.
- Que devons-nous demander exactement à notre autorité ?
- Trois choses, par écrit. Quel document fixe les paramètres et tolérances contre lesquels le PAPI est vérifié sur votre aérodrome. Si l'autorité exige un instrument ou une méthode spécifique pour cette vérification, et si oui où cette exigence est écrite. Et quelles preuves l'autorité voudrait voir jointes à une modification du programme de maintenance introduisant une nouvelle méthode : conservation des données brutes, description de la méthode, incertitude déclarée, calibration de l'instrument. Une méthode qui peut répondre à la troisième question est celle qui sera acceptée.
- Accepter la méthode signifie-t-il que le vol du drone est autorisé ?
- Non, ce sont deux permissions distinctes. La méthode d'inspection entre via le programme de maintenance et l'acceptation par l'autorité aéronautique de ses preuves. Le vol du drone sur l'aérodrome nécessite l'autorisation de l'exploitant selon les règles drone, en Europe la catégorie spécifique du règlement (UE) 2019/947, plus la permission de l'aérodrome et la coordination avec le contrôle aérien. Le prestataire d'inspection détient l'autorisation de vol. L'aérodrome détient le programme de maintenance. Confondre les deux est la raison la plus courante pour laquelle une conversation avec une autorité n'aboutit à rien.
Références
- icao-annex-14-v1
- Annexe 14 à la Convention relative à l'aviation civile internationale, Volume I : Conception et exploitation technique des aérodromes Organisation de l'aviation civile internationale
- icao-doc-9157-p4
- Doc 9157, Manuel de conception d'aérodrome, Partie 4 : Aides visuelles Organisation de l'aviation civile internationale
- eu-139-2014
- Règlement (UE) n° 139/2014 de la Commission établissant des exigences et des procédures administratives relatives aux aérodromes Office des publications de l'Union européenne
- easa-cs-adr-dsn-7
- Spécifications de certification et matériel d'orientation pour la conception des aérodromes, CS-ADR-DSN Édition 7 Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne
- faa-ac-150-5340-26
- AC 150/5340-26, Maintenance of Airport Visual Aid Facilities Federal Aviation Administration
- tc-ac-300-014
- Circulaire d'avis 300-014, Indicateur de pente d'approche de précision et indicateur abrégé de pente d'approche de précision Transports Canada
- fracs-papi-2025
- Révolutionner la calibration PAPI avec la technologie drone FRACS, France Aviation Civile Services